5 astuces pour réussir l’oral 1 du CAPES de SVT

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Ces 5 astuces qui m’ont permis de réussir l’oral 1 du CAPES SVT

Non, je n’étais pas destinée à obtenir 20/20 à l’oral 1 du CAPES SVT.

Bien au contraire.

Le seul oral blanc que j’ai passé avant le concours s’est soldé par une note bien en dessous de la moyenne.

Et finalement, heureusement.

Cet oral blanc raté m’a forcée à remettre en question ma méthode, ma posture et ma façon de préparer l’épreuve.

J’ai arrêté de vouloir simplement “avoir le bon plan”.

J’ai commencé à réfléchir à ce que le jury devait voir en moi : une future professeure capable de construire une démonstration, de communiquer clairement, de gérer les imprévus et de rester solide même quand tout ne se passe pas comme prévu.

C’est cette prise de conscience qui m’a permis de réussir mon oral 1.

🍋 Important

  • Réussir l’oral 1 ne consiste pas à réciter un plan appris par cœur.
  • Le jury évalue votre capacité à construire une démonstration scientifique.
  • La communication orale, écrite, scientifique et non verbale compte énormément.
  • Le mental et la gestion des imprévus font partie de l’épreuve.
  • Le jour J, mieux vaut savoir utiliser quelques livres très bien choisis que perdre du temps dans toute la bibliothèque.

Dans cet article

  1. Le piège classique de la préparation des oraux
  2. Astuce 1 : apprendre à construire des démonstrations
  3. Astuce 2 : communiquer de manière claire et précise
  4. Astuce 3 : préparer une liste de livres chouchous
  5. Astuce 4 : préparer son mental
  6. Astuce 5 : organiser les 4 heures de préparation
  7. Un exercice concret pour vous entraîner

Le piège classique de la préparation des oraux

Très souvent, les candidats pensent que la préparation des oraux est efficace s’ils font beaucoup de plans et retiennent à peu près ce qui est attendu.

Alors ils se répartissent les sujets à plusieurs.

Chacun prépare quelques plans.

On met tout en commun.

Et on se dit qu’on arrivera à refaire pareil le jour J.

Le problème, c’est que cette méthode ne prépare pas vraiment à réussir l’oral.

Elle prépare surtout à reconnaître des plans déjà vus.

Or le jour du concours, vous pouvez tomber sur un sujet que vous n’avez jamais préparé exactement sous cette forme.

Et là, il ne faudra pas réciter.

Il faudra construire.

🍋 Le vrai enjeu

Le jour J, le jury ne cherche pas à savoir si vous avez appris 200 plans.

Il cherche à voir si vous êtes capable de construire une démonstration scientifique claire, adaptée au sujet, au matériel et au niveau attendu ainsi qu’à justifier vos choix.

Si vous voulez vraiment progresser à l’oral 1, il faut donc travailler autre chose que les plans tout faits.

Il faut travailler votre capacité à :

  • analyser un sujet ;
  • délimiter les notions importantes ;
  • choisir des exemples pertinents ;
  • exploiter du matériel ;
  • construire une démonstration ;
  • communiquer clairement ;
  • réagir aux imprévus.

Si vous n’avez pas encore lu mon article sur la théorie du voilier, je vous conseille vraiment de le faire : la théorie du voilier explique pourquoi les connaissances seules ne suffisent pas pour réussir le CAPES.


Astuce 1 : apprendre à construire des démonstrations

La démonstration est, selon moi, l’une des choses les plus importantes dans un oral 1.

Pourquoi ?

Parce qu’elle permet de montrer votre démarche scientifique.

  • Elle cadre votre exposé.
  • Elle donne du rythme.
  • Elle donne du sens.

Et surtout, elle évite de parler dans le vide.

Une démonstration permet de :

  • partir d’un élément concret ;
  • observer, manipuler, analyser ou comparer ;
  • faire ressortir une notion scientifique ;
  • montrer comment vous raisonnez ;
  • éviter les explications trop longues et trop abstraites ;
  • guider le jury dans votre démarche.

Dans la pratique, une démonstration consiste à partir d’un élément concret :

  • une manipulation ;
  • une roche ;
  • une lame mince ;
  • un graphique ;
  • une carte ;
  • une photo ;
  • une observation microscopique ;
  • un résultat expérimental ;
  • un logiciel.

Puis vous l’analysez pour amener progressivement la notion scientifique que vous voulez faire comprendre.

Le but est d’utiliser ce principe le plus souvent possible dans votre exposé.

Dans l’idéal, chaque grande sous-partie devrait contenir au moins une démonstration qui amène une notion importante.

Exemple vécu

Lors de ma leçon sur le déplacement des plaques lithosphériques, j’ai utilisé une expérience avec un basalte, une boussole et un aimant pour mettre en évidence l’aimantation rémanente et amener cette notion de cours.

C’était simple, précis et efficace.

Concours Master et concours L3

Pour le concours Master, la démonstration doit s’intégrer dans une séance d’enseignement. Elle doit être liée au niveau de classe, aux objectifs, aux activités pratiques et à la progression de la séance.

Pour le concours L3, la démonstration reste également essentielle. Même si l’épreuve est davantage centrée sur un exposé scientifique, il faut construire une réponse organisée, exploiter le matériel et faire progresser un raisonnement.

Dans les deux cas, le jury veut voir comment vous utilisez vos connaissances, et pas seulement ce que vous savez.


Astuce 2 : communiquer de manière claire et précise

Quand je parle de communication, je ne parle pas uniquement de communication orale.

Bien sûr, la voix compte.

Mais à l’oral 1, il y a aussi :

  • la communication non verbale ;
  • la communication scientifique ;
  • la communication écrite ;
  • la gestion du tableau ou du support ;
  • la façon de présenter les documents ;
  • la manière de guider le jury.

Dans le stress, et je suis bien placée pour le savoir parce que le stress était ma bête noire, nous avons tous tendance à modifier notre façon de communiquer.

Certains parlent plus vite.

D’autres font des phrases interminables.

Certains répètent le même mot.

D’autres répètent le même geste.

Très vite, le message que l’on souhaite faire passer peut être brouillé par le stress.

🍋 Le but

Le jury ne doit pas faire d’effort pour comprendre où vous voulez aller.

Vous devez lui prendre la main et le guider dans votre raisonnement.

Pour communiquer clairement, je vous conseille de :

  • faire des phrases courtes, simples et rigoureuses ;
  • vous appuyer régulièrement sur du concret ;
  • ne garder qu’un exemple vraiment utile par notion ;
  • faire passer un message principal par sous-partie ;
  • choisir des documents pertinents ;
  • annoncer l’objectif de chaque démonstration ;
  • prévoir le bilan que vous souhaitez faire ressortir ;
  • éviter les plans trop complexes ;
  • vous filmer pour repérer vos tics de langage et de posture.

Dans l’idéal, vous ne devriez jamais parler plus de trois ou quatre minutes sans vous appuyer sur quelque chose de concret.

Sinon, vous risquez de faire des phrases longues, de devenir imprécis et de perdre le jury.

Exercice simple

Prenez une notion de cours.

Expliquez-la à voix haute en 2 minutes avec :

  • un exemple concret ;
  • une observation ou un document ;
  • une conclusion scientifique claire.

Puis recommencez en essayant d’être encore plus simple et plus précis.


Astuce 3 : préparer une liste de livres chouchous

Cette astuce est essentielle.

Le jour J, vous ne travaillez pas avec toute votre bibliothèque personnelle.

Vous travaillez avec la bibliothèque du concours.

Et cette bibliothèque peut être impressionnante.

La liste des livres disponibles est longue, très longue. Il est impossible de connaître parfaitement tous les ouvrages, et ce serait inutile de vouloir apprendre cette liste par cœur.

Ce qui m’a beaucoup aidée au concours, c’est d’avoir préparé une liste de livres chouchous.

Qu’est-ce qu’un livre chouchou ?

C’est un livre que vous aimez, que vous connaissez, que vous savez utiliser rapidement et dans lequel vous savez à peu près quoi trouver.

L’objectif est de sélectionner à l’avance un ou deux ouvrages par grande thématique.

Par exemple, si je tombais sur de l’immunologie, je savais que je devais prendre le Raven de biologie et le Goldsby, parce que c’étaient les livres avec lesquels je me sentais le plus à l’aise.

Cela ne veut pas dire que ce sont les meilleurs livres pour tout le monde.

Cela veut dire que c’étaient les meilleurs livres pour moi.

Et c’est très différent.

En géologie, je sais que beaucoup de candidats aiment travailler avec Géoscience.

Personnellement, je suis incapable de travailler efficacement avec cet ouvrage.

Je suis même incapable de vous expliquer précisément pourquoi.

Mais c’est comme ça.

C’est justement pour cela que votre liste de livres chouchous doit être personnelle.

Comment construire votre liste ?

  • Consultez la liste des ouvrages disponibles pour le concours.
  • Repérez les grandes thématiques : biologie cellulaire, immunologie, génétique, physiologie, écologie, géologie interne, géologie externe, climat, etc.
  • Choisissez un ou deux ouvrages par thématique.
  • Feuilletez-les avant les oraux pour savoir comment ils sont organisés.
  • Repérez les chapitres, index, schémas et documents intéressants.
  • Gardez une liste simple et rapide à consulter.

Cette préparation peut vous faire gagner un temps énorme pendant les 4 heures.

Vous n’avez pas besoin de connaître toute la bibliothèque.

Vous avez besoin de savoir où chercher efficacement.


Astuce 4 : préparer votre mental

Le CAPES externe de SVT est un concours.

Comme pour une grande épreuve sportive, votre mental doit suivre pendant les révisions et pendant l’épreuve.

Si vous avez respecté la théorie du voilier, vous avez appris des connaissances et vous vous êtes entraîné à les utiliser.

C’est déjà une très bonne base.

Mais que faire si, le jour J, le stress, la fatigue ou votre santé vous jouent des tours ?

Le jour où j’ai réussi mon oral 1 du CAPES SVT, j’avais plus de 39°C de fièvre.

J’ai de gros problèmes de santé, et avec le stress, mon corps a lâché.

Ce qui m’a aidée à surmonter cela, c’est mon mental.

Je rêvais de passer mon CAPES depuis ma 6e.

Alors mon corps n’allait pas m’empêcher de réaliser mon rêve.

Ce jour-là, j’avais deux options :

  • admettre la fatalité, me dire que j’étais trop malade, que j’allais me planter, me rouler en boule de stress dans un coin pendant la préparation et attendre que le jury me fasse la peau ;
  • me dire que ma santé serait toujours compliquée, même quand je serais prof, et que c’était justement le moment de montrer au jury quelle prof je voulais être.

J’ai choisi la deuxième option parce que je m’y étais préparée mentalement.

🍋 La visualisation positive

Chaque soir pendant une semaine, j’ai imaginé le pire pour mes oraux.

Vraiment le pire.

Puis je cherchais une solution, un moyen de m’en sortir la tête haute et de façon positive.

Je visualisais la situation catastrophique et sa résolution.

Je me suis conditionnée à chercher une solution à chaque problème.

Et des problèmes, j’en ai eu.

Je ne m’étais préparée à aucun d’entre eux précisément, mais à force de m’entraîner mentalement à chercher des solutions, j’ai pu rebondir plus facilement.

Le jour J :

  • la télécommande du vidéoprojecteur ne marchait pas et j’ai dû monter sur une chaise pour l’allumer, changer chaque diapo et l’éteindre ;
  • j’ai fait tomber mon basalte sur le pied du jury ;
  • on m’a apporté une carte demandée deux minutes avant le début de l’épreuve sur laquelle je devais faire des calculs;
  • il faisait 37 °C dehors et j’avais de la fièvre dedans ;
  • quelqu’un jouait du saxophone dehors pendant ma leçon (c’était la veille de la fête de la musique un samedi soir) ;
  • Google Earth plantait à chaque démarrage alors que c’était ma manipulation imposée ;
  • j’ai dû passer par-dessus le fil de l’ordinateur pour rejoindre le jury en bas de l’estrade ;
  • j’ai oublié ma veste et mes affaires dans la salle et j’ai dû redéranger le jury pendant sa délibération ;
  • j’ai appris que j’étais la dernière candidate à passer de toute la semaine, un samedi soir jusqu’à 18h30.

Et pourtant, j’ai tenu.

Pas parce que tout était parfait.

Mais parce que j’avais décidé que le jury devait voir ma pédagogie, ma combativité, ma capacité à rebondir et la professeure que je voulais devenir.

Ce que le jury a probablement vu

Le jury n’a probablement pas vu une candidate parfaite.

Il a vu une candidate qui continuait à avancer malgré les imprévus.

Et, quelque part, c’est aussi ce qu’un professeur fait toute sa carrière.

Pour préparer votre mental, demandez-vous : Qu’est-ce que je veux que le jury voie en moi ?

Pas seulement ce que vous savez.

Mais qui vous êtes dans une situation professionnelle exigeante.


Astuce 5 : organiser les 4 heures de préparation

Ça y est.

Vous venez de piocher votre sujet.

Vous avez récupéré les livres que vous souhaitez utiliser.

Les 4 heures commencent.

Et là, l’organisation devient essentielle.

Si vous ne vous imposez pas un cadre, le temps file très vite.

Vous pouvez passer trop de temps à chercher des documents, pas assez à manipuler, oublier de préparer votre conclusion, négliger les questions possibles du jury ou découvrir trop tard que votre salle n’est pas organisée comme vous l’aviez imaginé.

Pendant les 4 heures, prévoyez du temps pour :

  • analyser le sujet ;
  • créer votre plan détaillé ;
  • choisir vos documents ;
  • préparer les manipulations imposées et complémentaires ;
  • construire votre support ;
  • vous approprier le matériel ;
  • organiser votre salle de passage ;
  • anticiper les questions possibles du jury ;
  • vous mettre en condition mentale.

Pendant mon oral, je savais par exemple qu’on pouvait me demander des précisions sur les modèles de cinématique des plaques.

J’ai donc pris le temps de revoir certains éléments avant de passer.

C’est ce type de détail qui peut vraiment vous aider pendant l’entretien.

🍋 Le moment mental avant de passer

Juste avant l’épreuve, prenez quelques secondes pour vous remettre dans votre rôle.

Dites-vous :

Ça y est, j’y suis.

Je vais leur montrer quelle professeure ou quel professeur je veux être.

Et quoi qu’il arrive, c’est déjà énorme d’être arrivé jusque-là.


Ce que j’ajouterais aujourd’hui avec le recul

Depuis mon propre concours, j’ai accompagné de nombreux candidats au CAPES SVT.

Avec le recul, je vois encore plus clairement ce qui fait progresser les candidats à l’oral.

Ce ne sont pas ceux qui apprennent le plus de plans par cœur qui progressent le plus.

Ce sont ceux qui apprennent à organiser leurs connaissances, à construire une démonstration et à s’entraîner régulièrement.

Dans mes accompagnements, je travaille avec les candidats cette compétence toute l’année :

Pour aider les candidats à organiser leurs connaissances, je propose de construire une carte mentale par chapitre.

L’objectif n’est pas de faire une jolie carte.

L’objectif est de vérifier que les notions sont bien organisées, que les liens sont compris et que les connaissances peuvent être mobilisées dans un sujet.

Ces cartes mentales peuvent être envoyées pour correction afin d’identifier :

  • les notions manquantes ;
  • les confusions ;
  • les liens insuffisants ;
  • les erreurs de structure ;
  • les difficultés à transformer les connaissances en plan ou en démonstration.

Les accompagnements proposent également des cours détaillés, des vidéos explicatives, des flashcards, des entraînements, des ressources méthodologiques et des outils pour préparer les oraux progressivement.

Cette logique rejoint exactement ce qui m’a permis de réussir mon propre oral : ne pas chercher à tout réciter, mais apprendre à construire, expliquer, démontrer et rebondir.

Il n’y a pas que moi qui ait pu obtenir un 20/20 en oral. Chaque année cela arrive à plusieurs candidats. Chaque année, j’accompagne des candidats qui obtiennent des notes au-delà de 15 à l’oral. Ce sont des notes accessibles à tous les profils de candidats. La façon dont vous allez préparer vos oraux joue beaucoup dans l’obtention de ce type de notes.

 

Témoignages de candidats accompagnés

 


Un exercice pour préparer votre oral 1

Pour terminer cet article, je vous propose un exercice très simple.

Prenez une feuille et répondez à ces trois questions :

  1. Quelles qualités souhaitez-vous que le jury voie en vous ?
  2. Que pouvez-vous mettre en place concrètement pour qu’il voie ces qualités ?
  3. Qu’est-ce qui vous fait le plus peur lors de cet oral, et quelle solution pouvez-vous préparer si cette peur se concrétise ?

Ne répondez pas seulement “je veux être rigoureux” ou “je veux être clair”.

Soyez précis.

Par exemple :

  • Si je veux montrer que je suis rigoureux, je dois définir clairement les termes du sujet.
  • Si je veux montrer que je suis pédagogue, je dois guider le jury dans ma démarche.
  • Si je veux montrer que je suis capable de rebondir, je dois m’entraîner à gérer les imprévus.
  • Si j’ai peur de perdre mes moyens, je peux préparer des phrases d’appui pour reprendre le fil.

Pour résumer

Les 5 choses qui m’ont aidée à réussir mon oral 1 du CAPES SVT sont :

  1. apprendre à construire des démonstrations ;
  2. communiquer de manière claire et précise ;
  3. préparer une liste de livres chouchous ;
  4. préparer mon mental ;
  5. organiser efficacement les 4 heures de préparation.

Ces conseils ne garantissent pas une note.

Mais ils peuvent vous aider à préparer l’oral autrement.

Pas comme une récitation de plans.

Comme une véritable prestation de futur professeur.

 

 

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