Comment je suis passée du syndrome de l’imposteur à un 20/20 en oral du CAPES SVT ?
Vous ne vous sentez pas capable de réussir le CAPES externe de SVT cette année ?
Vous avez l’impression de ne pas avoir le niveau, de ne pas être assez légitime, de ne pas avoir le bon parcours, de ne pas être aussi brillant que les autres candidats ?
Bref, le syndrome de l’imposteur vous colle à la peau.
Et pourtant, devenir professeur de SVT, c’est peut-être votre rêve.
Si le CAPES est la seule barrière entre vous et les élèves que vous rêvez d’accompagner, alors on se ressemble beaucoup.
Parce que le syndrome de l’imposteur ne m’a pas quittée pendant toute ma préparation au CAPES.
Et pourtant, j’ai obtenu mon CAPES en première année de master (c’était possible en 2015), dans le premier décile, en 39e position.
C’est notamment grâce à un 20/20 à l’oral 1 du CAPES SVT que mon classement a été fortement amélioré.
Mais je vais être honnête : je n’étais pas la candidate parfaite.
Très loin de là.
🍋 Important
- On peut réussir le CAPES SVT sans avoir été un étudiant brillant toute sa scolarité.
- Le syndrome de l’imposteur est très fréquent chez les candidats.
- Une mauvaise note à un oral blanc ne prédit pas votre résultat final.
- Changer de méthode de travail peut transformer une préparation.
- Le jury n’attend pas un candidat parfait, mais un futur professeur capable de raisonner, d’expliquer, d’organiser et de se remettre en question.
Dans cet article
- La candidate que j’étais vraiment
- Pourquoi j’ai dû changer complètement ma méthode de travail
- La leçon qui m’a apporté 20/20 à l’oral du CAPES
- Les erreurs que j’ai faites pendant l’oral
- Pourquoi le jury m’a quand même attribué 20/20
- Ce que j’ai appris depuis en accompagnant des candidats
- Un exercice pour lutter contre le syndrome de l’imposteur
La candidate que j’étais vraiment
Je m’appelle Mathilde et j’ai toujours rêvé de devenir professeur de SVT.
Toujours ? En tout cas depuis le jour où, en 6e, mon professeur nous a montré un dessin d’observation de fougère qu’il avait réalisé pour son CAPES.
Ce jour-là, je me suis juré que, plus tard, je réussirais à faire pareil.
J’ai grandi, puis j’ai obtenu ma licence et mon master à la Faculté des Sciences de la Vie de Strasbourg.
Mais mon parcours n’a pas été celui d’une élève brillante qui réussit tout facilement.
Mon vrai profil
- J’ai redoublé ma première parce que les maths, la physique-chimie et moi, ça faisait trois.
- J’ai obtenu ma licence en 4 ans au lieu de 3 parce que ma santé m’a empêchée de suivre ma L2 en une seule fois.
- Ma moyenne générale en licence et en master tournait souvent entre 11 et 13.
- Je n’ai jamais obtenu 10 à aucune épreuve de CAPES blanc.
- J’ai obtenu 7/20 à mon premier oral blanc, une semaine avant mon vrai oral.
Et pourtant, j’ai obtenu mon CAPES en première année de master, en 39e position.
Ce qui a énormément joué dans mon classement, c’est mon 20/20 à l’oral de mise en situation professionnelle.
Quand je raconte cela, certains candidats me disent :
“Oui mais toi, tu devais forcément être très forte.”
Non.
J’étais surtout une candidate qui avait beaucoup douté, beaucoup travaillé, beaucoup tâtonné, et qui avait fini par trouver une méthode qui lui correspondait.
🌿 Mes points faibles
- Un manque cruel de confiance en moi.
- Un manque de précision.
- Une tendance à manquer de logique quand le stress montait.
- De grosses difficultés dès qu’il y avait des maths, de la physique ou de la chimie.
- Un syndrome de l’imposteur très présent.
✨ Mes points forts
- Mon organisation.
- Ma capacité à me remettre en question.
- Ma volonté de toujours placer les élèves au centre de mes épreuves.
- Ma capacité à travailler énormément quand je comprends pourquoi je le fais.
- Ma volonté de donner le maximum, même quand je doute.
Toute ma scolarité, j’étais parmi ces élèves qui ne se font remarquer ni par leurs grandes réussites, ni par leurs gros échecs.
J’ai mis beaucoup de temps à trouver ma méthode de travail.
Je travaillais énormément, mais pas toujours efficacement.
Et puis, à la fin de ma L3, j’ai eu un déclic.
Pourquoi j’ai dû changer complètement ma méthode de travail
En fin de L3, j’étais épuisée, stressée et défaitiste.
Je travaillais trop pour pas grand-chose.
Je me sentais incapable de réussir.
À l’époque, voici comment je travaillais :
- je prenais mes cours à l’ordinateur ;
- je reprenais mes cours au propre ;
- je faisais des fiches à partir des cours recopiés au propre ;
- puis des fiches synthétiques à partir des fiches issues des cours recopiés au propre.
Pour une heure de cours à la fac, je pouvais travailler 4 à 5 heures à la maison, parfois plus.
Et pourtant, je ne retenais pas assez.
Je ne savais pas assez utiliser mes connaissances.
Je travaillais, mais je ne progressais pas comme je l’aurais voulu.
🍋 Le déclic
J’ai compris que si je continuais comme ça, j’allais craquer avant même de passer les écrits du CAPES.
Alors j’ai décidé de prendre du recul.
Si je voulais devenir prof, je devais apprendre à créer une progression, construire des cours, identifier des objectifs et accompagner des élèves vers une réussite.
J’ai donc décidé de devenir mon propre cobaye.
J’ai appris à devenir ma propre prof.
Concrètement, j’ai repris toute ma méthode.
Dans l’ordre, voici ce que j’ai fait :
- J’ai réalisé un bilan de méthodologie pour identifier mes points forts, mes points faibles et mes façons d’apprendre.
- J’ai fait le point sur ce que je savais vraiment du programme du CAPES.
- J’ai utilisé le programme du concours pour créer mes propres cours à partir de ceux de la fac.
- J’ai construit des fiches qui suivaient ma logique, et non seulement celle des enseignements universitaires.
- J’ai commencé un classeur de schémas détaillés pour synthétiser les notions.
- J’ai cherché à faire bouger les notions, notamment en regardant des vidéos de mécanismes.
- Je me suis entraînée chaque semaine pendant 4h sur des épreuves blanches écrites.
- J’ai utilisé les corrigés pour réorganiser mes connaissances de façon plus logique.
- Avec un ami, nous nous sommes entraînés à créer des plans et à insérer des expériences de démonstration sur les sujets d’oraux 1 de l’année précédente.
Mes trois mots d’ordre
- Simplicité
- Logique
- Recul
Avec le recul, c’est exactement ce que je conseille aujourd’hui aux candidats :
- se connaître ;
- se remettre en question ;
- s’entraîner ;
- simplifier ;
- s’organiser ;
- travailler sa méthode autant que les connaissances.
Ce changement de méthode a été fondamental.
Et si vous voulez approfondir cette idée, je vous conseille de lire mon article sur la théorie du voilier, car il explique pourquoi les connaissances seules ne suffisent pas pour réussir le CAPES.
La leçon qui m’a apporté 20/20 à l’oral du CAPES
Le sujet que j’ai pioché était : Le déplacement des plaques lithosphériques en 1ère S.
Je connaissais mes points faibles :
- mon manque de précision ;
- ma maladresse ;
- mon stress, qui pouvait bloquer la clarté de mon message ;
- mes difficultés avec Google Earth.
J’ai donc tout fait pour les compenser.
🧭 L’anticipation a été la clé de ma préparation
- Pour limiter mon stress, j’avais préparé à l’avance mes livres chouchous dans la bibliothèque du concours.
- Pour compenser mon manque de clarté, j’ai construit un plan très démonstratif, simple et progressif.
- Pour améliorer ma précision, je me suis appuyée sur des données issues des livres de la bibliothèque.
- Pour compenser mes difficultés avec Google Earth, j’ai intégré plusieurs expériences très démonstratives dans ma leçon.
Ce jour-là, j’ai utilisé mon livre chouchou : Éléments de géologie chez Dunod.
Le fait d’avoir l’habitude de travailler avec certains ouvrages me rassurait énormément.
- Je savais où chercher.
- Je savais comment gagner du temps.
- Je savais comment ne pas me perdre dans toute la bibliothèque.
Si vous préparez les oraux, je vous conseille vraiment de lire aussi mon article sur mes 5 astuces pour réussir l’oral 1 du CAPES SVT, où je détaille notamment cette histoire de livres chouchous.
Les aléas du jour J
Bien sûr, tout ne s’est pas passé comme prévu.
Sinon ce ne serait pas drôle.
Ce jour-là, j’ai eu droit à tout :
- ma maladresse habituelle : j’ai fait tomber mon basalte à côté des pieds du jury ;
- j’ai trébuché sur le fil de l’ordinateur que je devais enjamber pour rejoindre le jury ;
- il faisait 37 °C dehors ;
- je suis passée un samedi soir entre 17h30 et 18h30 ;
- Google Earth n’a jamais voulu démarrer, sauf 3 minutes avant que le jury entre ;
- la carte de l’âge des fonds océaniques a été apportée 5 minutes avant l’entrée du jury ;
- la télécommande du vidéoprojecteur fixé au plafond ne fonctionnait plus, il fallait monter sur une chaise pour faire passer chaque diapo ;
- un public complet est entré en plus de mon jury.
Autrement dit : ce n’était pas une épreuve parfaitement lisse.
Et pourtant, j’ai obtenu 20/20.
Ce que cela montre
Le jury ne note pas une candidate parfaite dans un monde parfait.
Il évalue une prestation.
Il regarde votre capacité à construire, expliquer, rebondir, garder une posture professionnelle et donner du sens à ce que vous faites.
Comment s’est déroulé mon oral ?
Je suis convaincue que pour réussir un oral, il faut savoir :
- ce que l’on veut que les élèves retiennent à la fin ;
- où l’on veut les emmener ;
- comment on veut les y emmener ;
- comment les accompagner avec des démonstrations qui guident leur raisonnement.
Et j’ai basé toute ma leçon sur cela.
J’ai choisi de petites expériences pour démontrer chaque sous-partie de ma leçon.
Voici quelques exemples de démonstrations que j’ai utilisées :
- étude du profil topographique des océans ;
- étude de la répartition du flux thermique à la surface de la Terre ;
- étude de l’aimantation rémanente du basalte avec une boussole et un aimant ;
- étude de la carte de l’âge des fonds océaniques ;
- étude du plan de Wadati-Benioff avec Tectoglob ;
- étude des plaques lithosphériques avec Tectoglob ;
- étude du déplacement des plaques en rotation avec un globe terrestre et des plaques en papier ;
- calcul du déplacement de la plaque grâce au point chaud d’Hawaï avec Google Earth ;
- étude de la carte mondiale des vitesses de déplacement des plaques avec le modèle Nuvel-1.
J’ai volontairement choisi des expériences très claires et démonstratives pour ne pas avoir à trop parler en dehors des données, des documents ou des activités.
Cela m’a permis de mieux contrôler ma précision et mon temps.
🍋 Ma logique
Une activité.
Une observation.
Une déduction.
Une notion.
Une nouvelle question.
Puis on avance.
C’est cette progression qui donne du sens à une leçon de SVT.
Ma leçon a duré 38 minutes sur les 40 minutes disponibles.
Elle n’était pas parfaite.
Mais elle était construite.
Et elle me ressemblait.
Et les questions du jury ?
C’est probablement la partie la plus intéressante de cette histoire.
Parce qu’elle montre qu’on peut faire des erreurs et obtenir malgré tout une très bonne note.
Voici certaines des questions qui m’ont été posées :
- Connaissez-vous un modèle actuel de cinématique des plaques ?
- Pouvez-vous expliquer quelles sont les données utilisées ?
- Quelle est la différence entre déplacement relatif et déplacement absolu ?
J’avais anticipé ces questions pendant ma préparation, grâce à mon livre chouchou.
Puis une autre question est arrivée :
Comment mesure-t-on la position au Hercynien par exemple ?
Je n’ai pas su répondre.
J’ai expliqué que je ne savais pas, mais que je pensais pouvoir trouver la réponse dans le Géosciences car j’y avait lu un paragraphe sur les anomalies magnétiques mais que je n’étais plus sûre de ma réponse.
Et plus tard, j’ai appris que cette réponse avait été appréciée.
Pourquoi ?
Parce qu’elle montrait que je savais où chercher l’information.
Attention, bien sûr, il ne faut pas abuser de ce type de réponse.
Et il ne faut surtout pas l’utiliser pour des connaissances que vous êtes censé maîtriser, notamment celles du programme du secondaire. Là on allait beaucoup plus loin que le niveau attendu.
Mais dans certains cas, savoir reconnaître une limite et savoir où chercher est une vraie compétence professionnelle.
Une erreur qui m’a marquée
On m’a ensuite demandé :
Quelle est la roche qui sort d’un point chaud ?
J’étais tellement déconcentrée que j’ai répondu :
les granites.
Oui.
Les granites.
Alors que je savais très bien que la réponse attendue était les basaltes.
Il m’a fallu quelques secondes pour me reprendre et corriger.
Mais dans ma tête, c’était terminé.
Mon côté défaitiste est revenu au galop.
J’avais l’impression de m’être plantée toute seule comme une grande.
J’ai dû mobiliser toutes mes forces pour me reconcentrer et continuer à répondre aux questions suivantes.
Et finalement, l’oral a continué.
Le jury m’a interrogée sur :
- les principes des techniques de datation utilisées en géologie ;
- les difficultés possibles des élèves avec la carte des anomalies magnétiques ;
- la place de l’historique dans ma leçon ;
- l’intérêt d’une démonstration déjà réalisée en 4e avec des élèves de 1ère S ;
- les avantages et limites de l’utilisation de l’ordinateur ;
- le choix du profil topographique ;
- les difficultés liées à la carte des âges des fonds océaniques ;
- la réalisation d’une telle carte.
Puis, à ma grande surprise, le jury m’a libérée 5 minutes avant la fin.
Et évidemment, je suis sortie en oubliant ma veste.
J’ai dû demander à récupérer mes affaires pendant leur délibération.
Maladresse, quand tu nous tiens.
Pourquoi j’ai obtenu 20/20 malgré mes erreurs ?
Ma leçon n’était ni ratée, ni parfaite.
Elle me ressemblait.
C’était la leçon que j’aurais faite avec mes élèves en classe.
Et honnêtement, avec mon erreur sur les granites, je n’aurais jamais imaginé obtenir 20/20.
Je pense que cette note m’a été attribuée pour une raison principale :la démonstration.
C’est, à mes yeux, l’une des choses les plus importantes lorsqu’on enseigne les sciences.
- J’avais construit une leçon démonstrative.
- J’avais pensé à mes élèves.
- J’avais fait des choix pédagogiques cohérents.
- J’avais su me reprendre.
- J’avais montré que je savais où chercher.
- J’avais défendu mes choix.
- J’avais organisé mon oral.
🌟 Ce que je veux que vous reteniez
Ce n’est pas votre niveau tout au long de l’année qui compte le plus.
Ce qui compte, c’est votre capacité à montrer, le jour J, que vous êtes prêt à prendre en charge une classe.
Le jury veut voir :
- que vous savez démontrer ;
- que vous savez accompagner les élèves dans un raisonnement ;
- que vous savez où chercher les informations ;
- que vous savez faire des choix pédagogiques ;
- que vous savez vous organiser ;
- que vous pensez aux élèves quand vous enseignez ;
- que vous pouvez reconnaître une erreur et continuer.
Les erreurs sont admises si la prestation reste solide.
Un professeur ne sait pas tout.
Mais un professeur doit savoir raisonner, chercher, expliquer, s’adapter et garder une posture professionnelle.
Concours Master, concours L3 : le syndrome de l’imposteur reste le même
Aujourd’hui, le concours évolue.
Il faut distinguer le concours Master et le concours L3.
Mais le syndrome de l’imposteur, lui, reste très présent chez les candidats.
Concours Master
Les candidats peuvent se sentir illégitimes parce qu’ils pensent ne pas avoir assez de recul scientifique, ne pas maîtriser tous les programmes ou ne pas être prêts à enseigner.
Concours L3
Les candidats peuvent se sentir illégitimes parce qu’ils se présentent plus tôt dans leur parcours, avec parfois l’impression de ne pas être encore suffisamment construits scientifiquement ou professionnellement.
Dans les deux cas, le travail reste le même :
- identifier ses points forts ;
- repérer ses fragilités ;
- construire une méthode réaliste ;
- s’entraîner régulièrement ;
- apprendre à mobiliser ses connaissances ;
- accepter de progresser par étapes.
Le CAPES ne se prépare pas en devenant quelqu’un d’autre.
Il se prépare en construisant la meilleure version professionnelle de vous-même.
Ce que j’ai appris depuis en accompagnant des candidats
Depuis mon propre concours, j’ai accompagné de nombreux candidats au CAPES SVT.
Et j’ai retrouvé, encore et encore, ce syndrome de l’imposteur.
- Chez des candidats en reconversion.
- Chez des étudiants en master.
- Chez des candidats très solides scientifiquement.
- Chez des candidats qui avaient déjà échoué.
- Chez des personnes avec des contraintes familiales, professionnelles ou de santé.
- Chez des candidats qui n’osaient pas poser leurs questions parce qu’ils les jugeaient trop simples.
Ce que je constate souvent
Les candidats qui progressent ne sont pas forcément ceux qui se sentent les plus légitimes au départ.
Ce sont souvent ceux qui acceptent :
- de regarder leurs difficultés en face ;
- de changer leur méthode ;
- de s’entraîner même quand ils ne se sentent pas prêts ;
- de recevoir des retours ;
- de corriger leurs erreurs ;
- de construire leur confiance progressivement.
C’est pour cela que dans mes accompagnements, je ne travaille pas uniquement les connaissances.
Je travaille aussi l’organisation, la méthode, la mémorisation, l’entraînement, les cartes mentales, les corrections, les oraux et la confiance. L’objectif n’est pas de supprimer totalement le doute.
Je ne suis même pas sûre que ce soit possible.
L’objectif est plutôt d’apprendre à avancer avec lui, sans le laisser diriger toute votre préparation.
Il n’y a pas que moi qui ait pu obtenir un 20/20 en oral. Chaque année cela arrive à plusieurs candidats. Chaque année, j’accompagne des candidats qui obtiennent des notes au-delà de 15 à l’oral. Ce sont des notes accessibles à tous les profils de candidats. La façon dont vous allez préparer vos oraux joue beaucoup dans l’obtention de ce type de notes.
Témoignages de candidats accompagnés
Les croyances qui nourrissent le syndrome de l’imposteur
Le syndrome de l’imposteur adore les phrases toutes faites.
Vous les connaissez peut-être :
- “Je n’ai pas le bon parcours.”
- “Les autres ont l’air beaucoup plus prêts que moi.”
- “Je ne suis pas assez bon en géologie.”
- “J’ai déjà échoué, donc je ne suis peut-être pas fait pour ça.”
- “Je n’ai jamais été excellent à la fac.”
- “Je vais être ridicule à l’oral.”
- “Si je ne sais pas répondre à une question, c’est fini.”
Mais ces pensées ne sont pas des faits.
Ce sont des peurs.
Et les peurs doivent être analysées, pas forcément crues.
💡 Remplacez la question
Au lieu de vous demander :
“Est-ce que je suis légitime ?”
Demandez-vous :
“Qu’est-ce que je peux construire aujourd’hui pour devenir plus solide demain ?”
C’est beaucoup plus utile.
Et surtout, c’est une question sur laquelle vous avez du pouvoir.
Un exercice pour chasser le syndrome de l’imposteur
Je vous propose maintenant un petit exercice.
Prenez une feuille et tracez trois colonnes.
| Mes points forts | Mes points faibles | Ce que je peux mettre en place |
|---|---|---|
| Ce qui peut m’aider aux écrits et aux oraux. | Ce qui peut me pénaliser si je ne l’anticipe pas. | Les actions concrètes pour compenser, progresser ou sécuriser. |
Par exemple :
- Si votre point faible est le stress, vous pouvez vous entraîner à parler à voix haute et à gérer les imprévus.
- Si votre point faible est la géologie, vous pouvez construire une remise à niveau progressive.
- Si votre point faible est l’organisation, vous pouvez planifier des objectifs plus petits et plus réalistes.
- Si votre point faible est la méthodologie, vous pouvez travailler les sujets étape par étape.
- Si votre point fort est votre pédagogie, vous pouvez l’utiliser pour construire des démonstrations plus claires.
L’objectif n’est pas de vous juger.
L’objectif est de mieux vous connaître.
Parce qu’on ne prépare pas un concours avec une version imaginaire de soi-même.
On le prépare avec la personne que l’on est vraiment.
Et cette personne peut progresser.
Pour résumer
Je suis passée du syndrome de l’imposteur à un 20/20 à l’oral du CAPES SVT.
Pas parce que j’étais parfaite.
Pas parce que je savais tout.
Pas parce que j’étais la meilleure étudiante de ma promo.
Mais parce que j’ai fini par comprendre plusieurs choses :
- Il faut trouver une méthode de travail qui nous correspond.
- Il faut s’entraîner à utiliser ses connaissances.
- Il faut apprendre à organiser sa pensée.
- Il faut accepter ses points faibles pour les anticiper.
- Il faut construire une posture de futur professeur.
- Il faut arrêter d’attendre de se sentir parfaitement légitime pour avancer.
Le syndrome de l’imposteur ne disparaît pas toujours complètement.
Mais il peut perdre de son pouvoir.
Et parfois, il suffit de quelques ajustements de méthode, d’un peu de recul et d’un vrai entraînement pour transformer une préparation.














Annie
Bonjour,
Merci pour ton témoignage.
Lors des oraux, mes points forts sont la capacité à associer des éléments de la vie du quotidien à une situation ainsi que l’aissance.
Mes points faibles sont : si je ne metrise pas le sujet ou si je ne m’y attend pas, je peux perdre mes moyens et ne pas savoir quoi dire.
Pour pallier ces points faibles, je peux m’entraîner régulièrement, dans différentes situation afin d’apprendre a anticiper et réagir rapidement.
Mathilde Martin
Coucou Annie,
C’est moi qui te remercie d’avoir joué le jeu de l’exercice ! J’espère qu’il t’a aidé à y voir plus clair dans tes objectifs pour les oraux 🙂
En tout cas, tu as parfaitement raison, c’est en t’entraînant régulièrement et en anticipant que tu vas trouver des astuces qui te permettront de rebondir même si tu ne maîtrises pas le sujet.
Une autre astuce c’est d’apprendre à faire confiance dans tes connaissances et tes capacités à rebondir. Je m’explique : imaginons que tu tombes sur une leçon sur la lignée humaine (je sais pourquoi je prends cet exemple, les candidats qui aiment et sont à l’aise sur cette thématique sont rares). En ayant anticipé, tu peux déjà savoir par exemple que le livre Sciences de la Terre et de l’Univers de Brahic possède un bon chapitre là dessus. Tu sais également en ayant préparé ta liste de livres chouchous pour les oraux que le « De Bonis » va dans les détails là dessus. Du coup d’un point de vue des connaissances tu sauras toujours quoi dire (en tout cas, tu auras toujours un truc à dire et pas rien ce qui est déjà bien). Ensuite, comme tu as anticipé et que tu es allée voir d’autres oraux la veille de ton oral, tu as pu un peu cibler les questions que le jury pose. Ca te permet de prendre 10min dans ta prep pour essayer d’anticiper là dessus à l’aide de tes livres. Tu connais également le programme donc les notions au niveau TS tu les maîtriseras ce qui te permettra de ne pas faire d’erreur là dessus. Enfin pour la partie « perdre ses moyens », tu auras travaillé toute l’année à construire tes compétences de prof. Or une compétence du prof c’est « savoir chercher les informations » donc tu peux t’aider de cette compétence pour montrer au jury que non tu ne perds pas tes moyens quand tu ne sais pas quelque chose (c’est humain de ne pas tout savoir !) mais tu sais rebondir ! En ça tu vas leur montrer que tu es apte à gérer une classe et à exercer ton métier car au lieu de perdre tes moyens tu vas utiliser ton énergie pour trouver des solutions et au lieu de dire des bêtises, tu seras capable de raisonner devant lui pour émettre des hypothèses pour répondre à ses questions. Ta leçon ne sera pas parfaite mais le jury verra qu’il peut te confier une classe et si tu es prudente quand tu parles et que tu fais attention au finalisme et à être juste et rigoureuse sur des notions clés sur cette thématique (comme la sélection naturelle) ça peut passer même si ce n’est pas ton sujet de prédilection 🙂
Du coup ne jamais partir défaitiste si tu ne maîtrises pas le sujet : dis toi que c’est un bon moyen de montrer de quoi tu es capable en termes de compétences !
Bon courage pour tes révisions et n’hésite pas si jamais tu as besoin de conseils !
Annie
Bonjour,
Tes conseils sont simples, compréhensible et je t’en remercie. Maintenant c’est à moi de jouer.
Je passe le CAPES en 2020, pour cela, aurait tu des conseils pour préparer les écrits stp ?
Mathilde Martin
Bien sûr et tu vas y arriver c’est certain !
Alors je te propose de rejoindre ma communauté d’entraide sur Facebook, pour le moment le groupe est en vacances mais d’ici la semaine prochaine il va repasser aux couleurs des écrits et je vais publier de nombreux conseils pour organiser ses révisions et préparer les écrits ! Je pense que c’est plus simple comme ça 🙂
De la même façon dès la semaine prochaine, je reprendrai l’écriture des newsletters par email et j’y ajouterais de nombreux conseils 🙂
Pour rejoindre la communauté tu peux cliquer sur le lien d’inscription ci-dessous et après l’inscription tu auras le lien vers le groupe Facebook : https://prepa-capes-svt.fr/communaute-dentraide/
Magali
Bonjour,
merci pour tes conseils et ton témoignage qui motive !
Mes points forts : Etant bonne élève je suis organisée et plutôt doué pour « faire ce qu’on attend de moi » (surtout que je suis relativement à l’aise à l’oral).
Mes points faibles : Du coup,ce qui me stress vraiment ce sont les manipulations car je passe le concours en candidat libre .. je suis au début de ma préparation mais la préparation de ces « TP » me parait impossible seule ! tu parles également de « livre chouchou ». Est-il vraiment essentiel dans une préparation de lire mille et un livre et de retenir leur contenu ? C’est à dire 1 ou 2 livre sur chaque sujet ? Je pensais me concentrer sur des livres contenant le principal (« j’apprends » BCPST biologie 1ère année Dunod par exemple). (car en plus, étant maman d’un petit bébé, c’est difficile pour moi de trouver du temps seule pour aller à la bibliothèque et financièrement je ne peux pas acheter tous les livres de bio/géol)
Merci !
Mathilde Martin
Bonjour Magali,
C’est génial tu vas pouvoir t’appuyer sur tes points forts ! Il existe des moyens pour s’entraîner aux TP, tu peux par exemple rejoindre une association, effectuer des stages en établissement ou bien te documenter en ligne sur les sites des différentes académies.
Oui la liste chouchou est très importante, d’autant plus que tu t’entraînes actuellement sur des livres qui ne sont pas présents à la liste du concours donc ils ne seront pas disponibles le jour des oraux :). La liste des livres est disponible dans les rapports du jury. Il ne faut pas retenir le contenu mais savoir que tu peux t’appuyer dessus en cas de besoin lors des oraux. Tu peux par exemple étudier les tables des matières de ces livres. Cela fait partie de la préparation pour les oraux sinon le jour J tu vas perdre beaucoup de temps dans ta préparation 🙂
Bon courage à toi 🙂
Mathilde
Elia Barjolle
Bonjour Mathilde,
Je me retrouve beaucoup dans ton profil, ce qui me rassure ! J’adore enseigner, ce métier me correspond entièrement et je sais pourquoi je veux devenir prof de SVT ! Mais ce concours me donne de l’urticaire ….
Mes points faibles sont un manque crucial de confiance en moi, le stress qui en découle et la peur de décevoir mon entourage (qui ne cesse de me dire que je suis largement capable d’avoir ce concours !).
Mes points forts sont que j’ai conscience de ces points faibles et je travaille dessus depuis plusieurs années. J’ai appris à m’écouter et je sais quand je vais dérailler. Je peux compter sur mon entourage dans les moments de gros doutes. Je suis une personne organisée.
Il faut que je m’entraîne régulièrement, que je prenne du recul sur les épreuves et que je sache où aller chercher les informations qu’il me manque. Faire une liste « chouchou » est une super idée, je vais travailler là-dessus !
Mathilde Martin
Coucou Elia,
Je suis désolée pour le temps de réponse à ton commentaire il y a eu un souci dans mon système de notification et je n’ai pas été informée mais ce souci est réglé. Tu as complètement raison sur tes points forts, tu n’imagines pas l’atout que c’est d’avoir conscience de ses points faibles. Et des points faibles on en a tous ! Cela te permet de travailler dessus au quotidien et de mieux réussir à les gérer. Tu verras, l’entraînement t’aidera à prendre confiance et je suis là pour ça aussi en tant que coache !
Margot
Bonjour,
Merci pour ce cours rassurant. Je me retrouve beaucoup dans votre profil candidat, parcours scolaire similaire, difficultés similaires et état d’esprit semblable…: merci pour cet exemple qui me donne de l’espoir dans mes possibilités d’obtenir le CAPES!
Je n’ai eu que très peu d’épreuves orales pour m’entrainer au cours de mes études ce qui rend l’exercice difficile.
Point faible: Manque de connaissance entrainant la perte de mes moyens, peur de dire une bêtise, de ne pas savoir répondre aux questions, stress.
Point fort: Capacité a rebondir si échange avec l’examinateur, organisation.
J’ai besoin de m’entrainer sérieusement sur ce type d’épreuve afin d’acquérir de l’expérience et de me connaitre. De découvrir mes atout et mes défauts afin de travailler dessus et de construire une base orale solide sur laquelle je pourrai m’appuyer pour le concours.
Merci pour la liste des étapes réalisées pour votre préparation: je compte m’en inspirer!
Mathilde Martin
Bonjour Margot,
Il n’y a rien de mieux que de se filmer lorsqu’on fait un oral blanc ! Cela aide à se rendre compte du manque de compétences et de connaissances pour mieux les travailler par la suite :).
Attention à ne pas confondre les oraux des études (comme les présentations orales qu’on peut faire à la fac) et les oraux du capes, on est sur des exercices complètement différents avec des compétences exigées différentes. Le mieux est de bien lire le rapport du jury qui détaille ses attentes.
Belle journée à vous